05 août 2015

Jean Cocteau

 La non-voix du poète

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 Jean Cocteau-B-Meurisse 1923

"Le poète qui accepte de poursuivre la route à pied, jusqu'au bout, devient une victime de la société qui l'expulse comme indésirable.
Il dérange, il est considéré comme un flâneur contre lequel s'oppose une foule où chacun s'imagine savoir où il va…
Il est de l'ordre en forme de désordre, un aristocrate-anarchiste, un empêcheur de danser en rond !"

~ Jean Cocteau / Photo : P.L.M-Saorsa AUM

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26 avril 2015

Christian Bobin

"Il faut naître deux fois....."

 

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"Il faut naître deux fois
pour vivre un peu
ne serait-ce qu'un peu.
Il nous faut naître par la chair
et ensuite par l'âme.
Les deux naissances sont
comme un arrachement.
La première jette le corps
dans le monde,
La seconde balance l'âme jusqu'au ciel."

(Christian Bobin)

 

bobin

 

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13 avril 2015

Henri Faliu-Blanc

" Le vacarme de la parlerie "

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Le Tao rend hommage à cette frêle oraison qui,

sans le secours des mots, armée de sa seule candeur,

sans cesse brimée par le vacarme de la parlerie,

dit et rêve l'indicible, nomme inlassablement l'innommé.

*

Maître, le Tao fréquente-t-il aussi des lieux modestes ?

Le Tao est dans la niche du chien,

dans le cambouis maculant les mains du mécanicien,

dans la poche trouée du veilleur de nuit,

dans les ouïes de la sardine fraîchement pêchée.

*

Maître, depuis quand le Tao est-il le Tao?

Le Tao est l'enfance de toutes choses et leur évanescence.

Le Tao a l'âge du nourrisson, le poids des ans de l'éternité.

*

Maître, comment honorer le Tao si d'aventure on le croise ?

Le culte de la personnalité est étranger au Tao :

il n'a ni bonne parole à porter au loin ni honneurs à recevoir.

Le Tao n'a pas de disciples et n'en souhaite point.

A ceux qui seraient tentés de lui vouer un culte, le Tao murmure,

sur un ton de péremptoire douceur :

"Oubliez le Tao, passez votre chemin."

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03 mars 2015

Rilke par Terzief

"Pour écrire un seul vers"

dit par Laurent Terzieff chez Bernard Pivot,

en présence de Jacques Lacarrière.

Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d'hommes et de choses, il faut connaitre les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s'ouvrant le matin.

Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas (c’était une joie faite pour un autre), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela.

Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs.

Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers.
***
Rainer Maria Rilke (1875-1926) – Les Cahiers de Malte Laurids Brigge (1910)

 

Publié le  par Papalagui

PIVOT TERZIEFF RECITE RILKE par POLLY44

http://papalagi.blog.lemonde.fr/2012/03/06/pour-ecrire-un-seul-vers-rilke-par-terzieff/

 

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31 janvier 2015

Rûmi

Un poème de Djalâl ad-Din Rûmi

téléchargement (1)

Je suis mort en minéral et j’ai surgi en plante.
Je suis mort en plante et j’ai surgi en animal.
Je suis mort en animal et j’ai surgi en homme.
Pourquoi aurais-je peur de m’amoindrir en mourant ?
Amant froid de cœur et de peu de loyauté !
Par peur de la mort tu te détournes du Bien-Aimé !
Je mourrai de nouveau en homme pour surgir en ange,
ange de la tête aux pieds,
et quand je serai dissous en tant qu’ange,
je deviendrai ce qui dépasse la conception de l’homme.

*

http://www.onelittleangel.com/sagesse/citations/rumi.asp

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23 novembre 2014

fernando Pessoa

"Chacun de nous a son propre alcool. Je trouve assez d’alcool dans le fait d’exister. Ivre de me sentir, j’erre et marche bien droit. Si c’est l’heure, je reviens à mon bureau, comme tout le monde. Si ce n’est pas l’heure encore, je vais jusqu’au fleuve pour regarder le fleuve, comme tout le monde. Je suis pareil. Et derrière tout cela, il y a mon ciel, où je me constelle en cachette et où je possède mon infini."
F. Pessoa

Merci Julie Lauro

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